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Comptabilité

Comment fonctionne la prime de déplacement professionnel ?

Sommaire
  1. Qui est éligible à la prime de déplacement professionnel ?
  2. Comment la prime est-elle calculée ?
  3. Prime ou remboursement de frais : ce qui change sur la fiche de paie

Un salarié peut être amené, dans le cadre de son travail, à se déplacer loin de son lieu de travail habituel, parfois pendant plusieurs jours. Deux choses se mélangent alors sous le nom de « prime de déplacement » : le remboursement des frais engagés pendant la mission, que l’employeur doit prendre en charge, et une éventuelle prime qui récompense la contrainte du déplacement, qui n’est due que si un accord ou la convention collective la prévoit.

Qui est éligible à la prime de déplacement professionnel ?

Cette prime ne concerne pas les trajets effectués par un employé pour se rendre quotidiennement à son lieu de travail (indemnité kilométrique), mais les déplacements faits pour une mission, hors du lieu de travail habituel. Pour les frais de repas et de logement, l’Urssaf parle de grand déplacement lorsque deux conditions sont réunies :

  • la distance entre le lieu de résidence et le lieu de travail du déplacement est d’au moins 50 km (trajet aller ou retour) ;
  • et les transports en commun ne permettent pas de parcourir cette distance en moins d’1 h 30 (trajet aller ou retour).

Quand ces deux conditions sont remplies, le salarié est présumé ne pas pouvoir rentrer chez lui chaque soir, et les indemnités de repas et de logement versées par l’employeur sont exonérées de cotisations dans les limites fixées chaque année.

La prime de déplacement proprement dite, elle, n’est pas obligatoire : son existence et son montant dépendent de l’entreprise ou de la convention collective du secteur (le BTP, la métallurgie ou le transport, par exemple, prévoient des indemnités de déplacement propres). Renseignez-vous auprès de votre employeur ou du service RH, et lisez la convention collective mentionnée sur votre bulletin de paie.

Comment la prime est-elle calculée ?

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Lorsqu’elle est prévue, la prime de déplacement dépend en général de plusieurs critères :

  • La durée du déplacement ;
  • La distance entre le lieu de vie et la destination ;
  • Le moyen de transport employé ;
  • La catégorie du salarié, telle que la prévoit la convention collective (à situation égale, les salariés doivent être traités de la même façon).

Les frais de repas et de logement sont remboursés soit sur justificatifs, pour leur montant réel, soit par des allocations forfaitaires. Dans ce second cas, l’Urssaf fixe chaque année les montants exonérés de cotisations par jour de grand déplacement en métropole :

Durée du déplacementRepasLogement et petit-déjeuner (Paris, 92, 93, 94)Logement et petit-déjeuner (autres départements)
3 premiers mois21,40 €76,60 €56,80 €
Du 4e au 24e mois18,20 €65,10 €48,30 €
Du 25e au 72e mois15,00 €53,60 €39,80 €

Source : Urssaf, « Frais professionnels », montants pour 2026 (page mise à jour le 1er janvier 2026).

Pour un déplacement qui permet de rentrer chaque soir, le repas pris au restaurant parce que le salarié y est contraint est exonéré dans la limite de 21,40 €, et de 10,40 € s’il n’est pas contraint de déjeuner au restaurant.

En Outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin), les montants en vigueur depuis le 22 septembre 2023 sont de 120 € par jour pour l’hébergement et 20 € par repas pendant les 3 premiers mois, puis 102 € et 17 € jusqu’au 24e mois. Le plafond d’hébergement passe à 150 € pour un salarié reconnu travailleur handicapé et en situation de mobilité réduite. Pour les déplacements à l’étranger, la limite suit les indemnités de mission des agents de l’État en déplacement temporaire à l’étranger.

Au-delà de ces montants, la part qui dépasse est soumise à cotisations, sauf si l’employeur prouve que les frais ont réellement été engagés.

Prime ou remboursement de frais : ce qui change sur la fiche de paie

La distinction compte, car les deux ne sont pas traités de la même façon :

  • les indemnités de frais (repas, logement, transport), dans les limites ci-dessus ou sur justificatifs, ne sont pas soumises à cotisations et ne sont pas imposables ;
  • une prime de déplacement qui rémunère la contrainte (éloignement, temps passé loin du domicile) est un complément de salaire : elle est soumise à cotisations et à l’impôt sur le revenu comme le reste de la rémunération.

Côté impôt sur le revenu, le salarié qui opte pour la déduction de ses frais réels au lieu de l’abattement forfaitaire de 10 % doit réintégrer dans son revenu imposable les allocations pour frais qu’il a perçues, puis déduire ses frais pour leur montant justifié.

Le temps de trajet pour se rendre sur un lieu de mission inhabituel n’est pas du temps de travail effectif, mais lorsqu’il dépasse le temps normal de trajet domicile-travail, il doit faire l’objet d’une contrepartie, en repos ou financière (article L3121-4 du code du travail). Cette contrepartie est souvent versée sous la forme d’une prime de déplacement. Elle ne se confond pas avec l’indemnité de grand déplacement, qui couvre les repas et le logement quand le salarié ne peut pas rentrer chez lui chaque soir.